Sources principales :
- https://www.lutte-ouvriere.org/ (site officiel, éditoriaux 2025-2026)
- https://journal.lutte-ouvriere.org/ (Lutte Ouvrière hebdomadaire)
- https://www.lutte-ouvriere.org/medias/document/fichiers/2025/10/202509-brochure.pdf (brochure caravane été 2025)
- Éditorial du 29/12/2025 « En 2026, faire face à la barbarie capitaliste »
- Éditorial du 15/09/2025 « Faisons entendre notre colère et défendons nos intérêts de travailleurs »
- Annonce de candidature de Nathalie Arthaud à la présidentielle 2027 (8 décembre 2025)
- Cercles Léon Trotsky (publications théoriques de LO)
- Programmes des campagnes présidentielles précédentes (2012, 2017, 2022) — la ligne politique de LO étant remarquablement constante depuis des décennies

# AVERTISSEMENT MÉTHODOLOGIQUE

Lutte Ouvrière n'a pas, et n'a jamais eu, de « programme de gouvernement » au sens classique du terme. C'est un choix politique assumé, qui découle directement de sa nature : LO est un parti communiste révolutionnaire d'inspiration trotskiste qui ne cherche pas à conquérir le pouvoir d'État dans le cadre des institutions de la Vᵉ République, mais à contribuer à la prise de conscience et à l'organisation de la classe ouvrière en vue d'un renversement du système capitaliste.

La candidature de Nathalie Arthaud à l'élection présidentielle 2027 (officialisée le 8 décembre 2025, sa quatrième après 2012, 2017 et 2022) est ce que LO appelle elle-même une « campagne de classe » : il ne s'agit pas de proposer un programme à appliquer en cas de victoire — perspective que LO juge irréaliste et politiquement secondaire — mais d'utiliser la tribune électorale pour défendre les intérêts immédiats des travailleurs et populariser une perspective communiste révolutionnaire.

Le texte qui suit reconstitue, à partir des publications récentes du parti (éditoriaux, brochures de campagne, hebdomadaire *Lutte Ouvrière*, Cercles Léon Trotsky), les positions et revendications que Nathalie Arthaud porte et portera dans la campagne 2027. Ces positions sont d'une grande stabilité depuis Arlette Laguiller (1974-2007) et constituent le socle idéologique permanent du parti.

# INTRODUCTION

## Une candidature de classe, pas un programme de gouvernement

LO part d'un constat qui structure tout le reste : le capitalisme est entré dans une phase de barbarie. La concentration du capital n'a jamais été aussi extrême — selon UBS, 287 milliardaires supplémentaires ont été créés en 2025, portant leur nombre à 2 900 dans le monde — pendant que les plans de licenciements se multiplient (environ 400 plans en cours en France en 2025, soit potentiellement 200 000 à 300 000 travailleurs menacés en incluant la sous-traitance et l'intérim), que la guerre commerciale s'aggrave, et que les budgets publics sont sacrifiés à l'armement plutôt qu'à la santé, à l'école et aux transports.

Face à cela, LO récuse l'idée même qu'un président, fût-il « de gauche », puisse changer la donne par décret. Le seul levier réel est la lutte collective des travailleurs eux-mêmes, organisée à la base sur leurs lieux de travail et de vie. Le rôle d'une candidature comme celle de Nathalie Arthaud est donc :

- de défendre, à la télévision et dans les meetings, les intérêts immédiats du monde du travail (salaires, emploi, services publics) ;
- de combattre les divisions que la bourgeoisie et l'extrême droite tentent d'imposer aux exploités (immigrés contre Français, jeunes contre vieux, salariés du privé contre fonctionnaires) ;
- de défendre l'idée qu'il existe deux camps dans la société — celui des travailleurs et celui des capitalistes — et que les travailleurs ont leur propre politique à porter ;
- de préparer, par la conscience politique, les luttes futures.

Ce qui suit n'est donc pas un « programme » au sens où l'entend La France Insoumise. Ce sont les revendications et les axes que Nathalie Arthaud défendra, et que les militants de LO portent au quotidien dans les entreprises, dans les quartiers et lors des grèves.

# I. SALAIRES, EMPLOI ET CONDITIONS DE TRAVAIL

## Augmenter massivement les salaires et les indexer sur les prix réels

C'est le premier axe historique de LO, central depuis les campagnes Laguiller. La revendication n'est pas chiffrée de manière fixe par principe — LO considère que c'est aux travailleurs eux-mêmes, par la lutte, de fixer le niveau de leurs salaires — mais les chiffres avancés ces dernières années convergent : 2 000 € net minimum pour tous, salaires, retraites et pensions confondus, en 2022 ; au-delà aujourd'hui compte tenu de l'inflation.

Mesure clé : Indexer les salaires, retraites, pensions et allocations sur la hausse réelle des prix (et non sur l'inflation officielle, jugée systématiquement sous-estimée).

- Augmentation générale et substantielle des salaires (montant à imposer par la lutte de classe, pas par décret présidentiel)
- Aucune rémunération en dessous d'un seuil décent permettant de vivre — y compris pour les retraités et les chômeurs
- Échelle mobile des salaires : tout salaire suit automatiquement la hausse réelle du coût de la vie constatée par les travailleurs eux-mêmes (au supermarché, à la pompe, dans les loyers)
- Alignement du minimum vieillesse, des pensions et des minima sociaux sur le salaire minimum
- Suppression des écarts de salaire injustifiables entre hommes et femmes, à travail et qualification équivalents
- Fin du blocage des salaires des fonctionnaires, des pensions et des allocations annoncé par les gouvernements successifs

## Interdiction des licenciements et répartition du travail entre tous

Pour LO, le chômage massif n'est pas une fatalité économique mais le résultat des choix des actionnaires qui privilégient les dividendes sur l'emploi.

Mesure clé : Interdiction effective des licenciements dans toute entreprise qui réalise des profits ou qui verse des dividendes, sans exception.

- Interdiction des licenciements dans toutes les grandes entreprises et dans toutes les entreprises bénéficiaires
- Réquisition des entreprises qui suppriment des emplois alors qu'elles font des bénéfices, ou qui ferment des sites pour les délocaliser
- Répartition du travail entre toutes et tous, sans perte de salaire, comme moyen de résorber le chômage
- Recensement, par les salariés eux-mêmes, des besoins en embauches dans leur atelier, leur hôpital, leur école — et embauches massives à hauteur de ces besoins
- Remplacement des emplois précaires (CDD, intérim, prestation, sous-traitance en cascade) par des CDI à temps plein
- Fin des cascades de sous-traitance dans le BTP, la logistique, le nettoyage, la restauration : titularisation des travailleurs effectivement employés, en particulier ceux exploités par des grands donneurs d'ordres comme Veolia, Vinci, Bouygues, Chronopost, Carrefour
- Régularisation par le travail de tous les sans-papiers contribuant à faire tourner l'économie (estimés à 700 000, dont 40 à 62 % des effectifs en Île-de-France dans l'aide à domicile, le BTP, l'hôtellerie-restauration, le nettoyage, la sécurité et l'agroalimentaire)

## Contrôle des travailleurs sur les entreprises

Mesure clé : Levée du « secret des affaires » et instauration d'un contrôle des travailleurs et de la population sur les comptes, les choix d'investissement, les marges et les flux financiers de toutes les grandes entreprises et des banques.

- Ouverture intégrale des livres de comptes des grandes entreprises aux salariés, à leurs représentants et à la population
- Droit de regard et de veto des salariés sur les décisions stratégiques (licenciements, fermetures de sites, délocalisations, choix d'investissement)
- Contrôle des prix sur les produits de première nécessité et l'énergie par les associations de consommateurs et les organisations de travailleurs
- Limitation drastique des dividendes versés aux actionnaires tant que des emplois sont supprimés ou que des salaires sont insuffisants

## Conditions de travail

- Embauches massives partout où les conditions de travail sont devenues insupportables (hôpitaux, EHPAD, éducation, transports publics)
- Réduction du temps de travail sans perte de salaire, déterminée par les besoins réels de chaque secteur
- Fin de l'intensification des cadences et des horaires « délirants »
- Combat contre l'augmentation des jours de carence et le doublement des franchises médicales

# II. RETRAITES

LO a combattu toutes les réformes des retraites successives, considérant qu'elles ne servent qu'à reporter sur les travailleurs les conséquences de la crise capitaliste.

Mesure clé : Retour à la retraite à 60 ans à taux plein, voire en-deçà pour les métiers pénibles.

- Retour à 60 ans pour l'âge légal de départ, voire moins pour les travaux pénibles ou commencés tôt
- Retour à 37,5 annuités de cotisation
- Alignement de l'ensemble des régimes de retraites sur le plus favorable
- Pensions revalorisées et indexées sur la hausse réelle du coût de la vie
- Aucune pension en dessous d'un seuil décent, aligné sur le salaire minimum
- Financement par le prélèvement sur les profits, les dividendes et les revenus du capital — non par des hausses de cotisations salariales ou de CSG

# III. SERVICES PUBLICS, SANTÉ ET ÉDUCATION

LO considère les services publics comme des conquêtes ouvrières historiques que la bourgeoisie cherche à démanteler pour ouvrir de nouveaux marchés au capital privé.

## Santé

Mesure clé : Embauches massives à l'hôpital public et dans les EHPAD, à hauteur des besoins recensés par les soignants eux-mêmes.

- Recrutement massif de soignants (infirmières, aides-soignantes, médecins, agents hospitaliers)
- Réouverture des lits, des services et des maternités fermés
- Fin des fermetures d'hôpitaux de proximité
- Suppression du doublement des franchises médicales et de l'augmentation des jours de carence
- Prise en charge intégrale par la Sécurité sociale, financée par cotisations patronales accrues
- Prise en charge publique de la dépendance des personnes âgées
- Lutte contre les déserts médicaux par un service public de santé de proximité

## Éducation

Mesure clé : Recrutement massif d'enseignants, en priorité dans les quartiers populaires, dès la maternelle.

- Embauche de dizaines de milliers d'enseignants
- Affectation prioritaire dans les quartiers populaires pour réduire les effectifs de classe
- Accueil des enfants dès deux ans en maternelle, avec les embauches d'ATSEM correspondantes
- Refus de la sélection sociale dans l'enseignement supérieur
- Critique de la généralisation aveugle de l'apprentissage, qui transforme les jeunes des filières professionnelles en main-d'œuvre sous-payée
- Maintien et renforcement de l'enseignement professionnel public

## Autres services publics

- Embauche massive dans les transports publics, le logement social, la culture, l'animation
- Renforcement des services publics dans les quartiers défavorisés
- Maintien de guichets physiques et de l'accueil humain face à la dématérialisation imposée
- Réhabilitation massive des logements sociaux dégradés
- Refus des privatisations (énergie, transports, eau, autoroutes) et nationalisation sans indemnité ni rachat des secteurs déjà privatisés stratégiques

# IV. NATIONALISATIONS ET ÉCONOMIE

LO se distingue de la gauche réformiste par son refus de présenter les nationalisations comme une fin en soi : pour elle, ce sont des outils au service de la classe ouvrière, et non des « modernisations » du capitalisme.

Mesure clé : Expropriation sans rachat ni indemnité du grand capital — banques, secteur de l'énergie, grandes industries stratégiques — sous contrôle de la population et des travailleurs.

- Nationalisation sans indemnité ni rachat des banques et de tout le secteur financier
- Expropriation des grands groupes capitalistes (CAC 40, multinationales) qui licencient ou délocalisent
- Mise en place d'un service public bancaire unique
- Constitution d'un monopole public du commerce extérieur permettant de planifier les échanges en fonction des besoins
- Planification de la production sur la base des besoins humains réels, et non du marché
- Refus de toute taxation indirecte sur la consommation populaire (TVA) qui pèse proportionnellement plus sur les bas revenus
- Suppression progressive de la TVA, remplacée par une taxation fortement progressive sur les revenus du capital, les patrimoines et les bénéfices des grandes sociétés
- Forte progressivité de l'impôt sur le revenu, jusqu'à confiscation totale des revenus du capital issus de l'exploitation d'autrui
- Impôt sur les sociétés à 50 % minimum pour les grands groupes
- Fin des aides publiques, exonérations de cotisations et crédits d'impôt versés sans contrepartie aux grandes entreprises (CICE, CIR détourné, etc.)

# V. LOGEMENT

- Réquisition des logements vides, à commencer par ceux détenus par les grandes foncières et les promoteurs
- Interdiction des expulsions locatives, en particulier en hiver et pour les familles avec enfants ou personnes âgées
- Encadrement strict des loyers
- Construction massive de logements sociaux de qualité
- Réhabilitation des logements indignes et insalubres
- Refus de la spéculation immobilière qui transforme le logement en marchandise

# VI. IMMIGRATION ET ÉGALITÉ DES DROITS

C'est l'un des points où LO se distingue le plus nettement de l'ensemble de l'échiquier politique français, y compris d'une partie de la gauche. La position est constante depuis des décennies et combat frontalement la « préférence nationale ».

Mesure clé : Régularisation immédiate, sans condition et sans tri, de tous les sans-papiers présents sur le territoire.

- Régularisation immédiate de l'ensemble des travailleurs sans papiers (estimés à environ 700 000)
- Liberté de circulation et d'installation : ouverture des frontières
- Arrêt immédiat de toutes les expulsions
- Fin des contrôles au faciès et de la surveillance policière des quartiers populaires
- Droit de vote à toutes les élections (locales, nationales, européennes) pour tous les résidents étrangers, quels que soient leur origine, leur nationalité ou leur statut juridique
- Abrogation de toutes les lois « Immigration » successives (loi du 26 janvier 2024 et précédentes), considérées comme inspirées de l'extrême droite
- Maintien et renforcement du droit du sol, attribution automatique de la nationalité à 18 ans pour les enfants nés en France de parents étrangers
- Refus de tout délai de carence pour l'accès aux prestations sociales selon la nationalité ou l'ancienneté du titre de séjour
- Combat permanent contre le racisme, l'islamophobie et l'antisémitisme, considérés comme des poisons divisant la classe ouvrière

# VII. ÉCOLOGIE ET RAPPORT À LA NATURE

LO a une position particulière sur l'écologie : elle rejette à la fois le climato-scepticisme et ce qu'elle appelle « l'écologie punitive ». Pour LO, c'est le capitalisme — sa course aux profits, sa logique d'accumulation, son gaspillage organisé — qui est la cause structurelle du désastre écologique, et aucune mesure individuelle ne pourra le résoudre.

Mesure clé : Refus de toute mesure « écologique » qui pèse sur la consommation populaire (taxes carbone, péages urbains, hausse des prix de l'énergie ou des carburants).

- Planification rationnelle de la production en choisissant à chaque fois les solutions les moins coûteuses en travail humain et en ressources naturelles
- Combat contre l'obsolescence programmée et le gaspillage industriel organisé
- Développement massif des transports en commun gratuits ou à très bas coût
- Réhabilitation thermique des logements financée par les profits, pas par les ménages
- Refus des taxes sur les carburants ou l'énergie qui frappent les ménages populaires (la révolte des Gilets jaunes contre la taxe carbone est analysée par LO comme une révolte de classe légitime)
- Refus du « green capitalism » et des marchés du carbone, considérés comme des escroqueries permettant aux multinationales de continuer à polluer
- Critique du nucléaire géré par les multinationales, mais sans alignement sur la sortie immédiate prônée par les écologistes : LO insiste sur le contrôle ouvrier et la sécurité plutôt que sur le choix de la source énergétique
- Soutien aux petits agriculteurs contre la grande distribution et l'agro-industrie, par la réduction imposée des marges des trusts

# VIII. INSTITUTIONS, DÉMOCRATIE, JUSTICE

LO ne fait pas de la « réforme constitutionnelle » un axe majeur — elle considère que les institutions de la Vᵉ République ne sont qu'un instrument de la domination bourgeoise et qu'aucun aménagement institutionnel ne suffira à émanciper les travailleurs.

- Refus du présidentialisme et des « hommes providentiels »
- Démocratie directe sur les lieux de travail : assemblées générales souveraines, élection et révocabilité des délégués
- Élus indemnisés au niveau du salaire moyen d'un ouvrier qualifié
- Limitation et révocabilité des mandats
- Critique frontale des « grands débats » et autres opérations de communication présidentielles
- Renforcement des libertés publiques face au glissement autoritaire (lois sécuritaires, surveillance, répression des manifestations)
- Refus de la criminalisation de l'action syndicale et des grèves
- Police républicaine de proximité — mais LO n'en fait pas un axe majeur, considérant que la « sécurité » durable passe par la garantie de l'emploi et des salaires

# IX. DROITS DES FEMMES

- Égalité salariale réelle et immédiate, contrôlée dans chaque entreprise par les salariées elles-mêmes
- Combat contre le temps partiel imposé (les femmes occupent 80 % des emplois à temps partiels) et contre les emplois précaires majoritairement féminins
- Reconnaissance et revalorisation salariale des métiers du « care » (aide à domicile, soins, éducation)
- Défense inconditionnelle du droit à l'avortement et à la contraception, accès gratuit et de proximité
- Lutte contre les violences conjugales et sexistes : moyens massifs pour les associations, les hébergements d'urgence, la justice
- Refus des reculs introduits au nom du « consentement » qui culpabilisent les victimes
- Combat contre toutes les formes d'oppression patriarcale, considérées comme inséparables du combat de classe

# X. INTERNATIONAL, GUERRE ET PAIX

C'est un axe qui prend une importance croissante dans les éditoriaux récents de LO, qui voit dans la situation actuelle une marche vers une guerre mondiale.

Mesure clé : Refus du réarmement, opposition à l'augmentation du budget militaire au détriment des budgets sociaux.

- Opposition à toute hausse du budget militaire et au sacrifice des budgets sociaux au profit de l'armement (porte-avions, armement)
- Sortie immédiate de l'OTAN
- Refus de l'envoi de troupes ou d'armes dans les conflits impérialistes
- Solidarité avec les travailleurs et les peuples opprimés dans le monde, en particulier ceux qui subissent les guerres impérialistes
- Position constante contre la guerre menée par Israël à Gaza, considérée comme un massacre, sans alignement sur le Hamas
- Critique frontale de l'impérialisme américain (Trump et la « politique de la canonnière » au Venezuela, en Syrie, au Nigeria)
- Critique également de l'impérialisme français en Afrique
- Internationalisme prolétarien : les travailleurs n'ont pas de patrie, leurs intérêts les unissent par-delà les frontières
- Refus de la « guerre commerciale » et des barrières douanières, qui pèsent sur les classes populaires des deux côtés

# XI. UNION EUROPÉENNE

Position de fond constante : ni pour, ni contre par principe, mais une critique de classe.

- Refus de l'UE telle qu'elle existe, instrument du grand capital européen
- Mais refus aussi du « repli national » et du souverainisme, considérés comme une impasse pour les travailleurs
- Combat pour les revendications ouvrières à l'échelle européenne (harmonisation par le haut des salaires et des droits sociaux)
- Refus de la « forteresse Europe » dressée contre les migrants
- Critique des directives européennes de libéralisation des services publics
- Pas de Frexit revendiqué : la solution est dans la lutte de classe internationale, pas dans le retour aux frontières nationales

# XII. JEUNESSE

LO accorde une place croissante à la condition de la jeunesse, identifiée comme une « chair à précarisation » du néolibéralisme.

- CDI à temps plein dès le premier emploi, fin de la précarisation systémique
- Allocation d'autonomie pour les étudiants, indexée sur le coût de la vie
- Logement étudiant public massivement développé, encadrement des loyers
- Gratuité réelle des études supérieures, fin de Parcoursup et de la sélection
- Refus de la généralisation de l'apprentissage comme variable d'ajustement du marché du travail
- Combat contre l'orientation de classe précoce dans le système scolaire

# CONCLUSION

## Le seul programme qui compte : que les travailleurs s'organisent par eux-mêmes

LO conclut systématiquement ses textes de campagne par cette idée : aucun gouvernement, aucun président, aucune réforme institutionnelle ne fera à la place des travailleurs ce qu'ils doivent imposer eux-mêmes par la lutte. La candidature présidentielle de Nathalie Arthaud n'est qu'un moyen — utile mais secondaire — d'aider à cette prise de conscience.

Les revendications listées plus haut ne sont pas un « programme à appliquer » que Nathalie Arthaud mettrait en œuvre depuis l'Élysée. Ce sont les axes de combat que LO porte au quotidien sur les lieux de travail, dans les grèves, dans les manifestations, et qu'elle popularise pendant les périodes électorales. Leur mise en œuvre suppose :

- Un rapport de forces favorable construit par les grèves, les occupations, les manifestations
- Une organisation autonome de la classe ouvrière, indépendante des partis institutionnels (y compris de la « gauche de gouvernement »)
- À terme, le renversement du système capitaliste lui-même, par une révolution prolétarienne mondiale

C'est en cela que LO se distingue radicalement de toutes les autres forces présentes à l'élection présidentielle 2027, y compris de La France Insoumise, qu'elle critique comme une force réformiste cherchant à gérer le capitalisme « en mieux » plutôt qu'à le renverser. Pour LO, citée Marx et Engels en conclusion de son éditorial du 29 décembre 2025 : « Les prolétaires n'ont rien à perdre que leurs chaînes. »